Mardi 8 mai 2007
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Parmi les choses qui scindent en deux,
qui clivent, qui dressent les uns contre les autres
dans un face à face saignant, il y a le steak tartare.
Le manger cru contre le cuit,
le végétal contre l'animal et, quasiment,
allons jusque là: la féminité contre la masculinité.
Il semblerait selon d'empiriques mesures
que le steak tartare se doit d'être apprêté dans la douleur
par les femmes pour leurs hommes.
Non, ne crions pas, ne hurlons pas:
c'est ainsi, penchons-nous sur la méthode.
Car il convient d'éviter la rupture!
Non pas la rupture du désamour, tout de même pas,
mais celle de la chaîne du froid!
Sortons le hachoir et plaçons au congélateur les parties en métal.
Une fois froidis ces morceaux-là,
en moins de 5 minutes,
passons 500g de boeuf maigre de tendance muscle
rond de gîte, à la grille moyenne et dans la foulée à la grille fine.
Puis on remet la viande au froid,
toujours cette règle de rigueur sanitaire.
Ensuite, improvisation géniale à base de
cornichons, câpres, oignons, herbes:
persil ciboulette cerfeuil,
citron, un peu d'huile d'olive,
anchois, sel, poivre.
Non, pas de ketchup, pas de moutarde,
pas de sauce industrielle,
peut-être un soupçon de pastis, et c'est tout.
Et l'oeuf avec ou sans coquille.
Il n'est pas rare de devoir goûter le tartare,
pour assaisonner, ajouter du sel ou du citron
c'est berck berck beurck!
Mais l'homme,
il n'est pas rare qu'il fasse miam miam miam.
Et c'est en de pareilles circonstances
qu'on se demandera à la dérobée
ce que font ensemble
les mangeurs de bidoche crue
et les dévoreuses de fraises à la menthe!
Par ehoui!
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Publié dans : lesgantsblancs
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